Il me semble parfois qu'il y a des choses qu'on n'a pas le droit de remettre en cause chez les pédés. Quand on fait son coming out, on est bombardé d'informations, de commentaires, on se blinde, et on apprend à répondre aux questions de l'entourage. Mais du coup, je me demande si on apprend pas une série de dogmes, qu'on ne pourra plus jamais mettre en doute sans risquer de revenir sur le bienfondé de notre propre orientation sexuelle.
1. Ton coming-out tu feras.
Je me demande quand même si on peut mettre tous les coming-outs au même niveau. Pour une grande partie d'entre nous, les parents s'en remettent, ou alors on peut survivre sans eux, l'entourage accepte. Mais le coming out sert-il vraiment le bien-être de quelqu'un dont la culture est extrêmement agressive en la matière, et qui serait dépendant financièrement de sa famille ? A la lumière de l'alcoolisme et de l'autodestruction de certains d'entre nous, pouvons nous nous demander si le placard n'aurait pas été... salutaire ?
2. Le sida tu connaîtras.
Vous avez sans doute remarqué que nos amis hétéros se tournent souvent vers nous pour des conseils sur les questions sida. Entre les chiffres de contamination chez les pédés, et l'association historique et morale de cette maladie avec l'homosexualité, on a fini par faire de nous des pseudo spécialistes ès sida. Sauf que la plupart ne sait quasiment rien sur le sujet. Et n'est il pas dangereux de se croire au courant ?
3. sexuellement libéré tu seras.
Voyez, on est sensé être déjà de l'autre côté de la barrière. Des gens libérés des conventions, ouverts à l'expérimentation. Des gens forcément sexuels, c'est marqué dessus. Pourquoi n'entent-on jamais un pédé dire qu'il n'a pas une grosse libido, ou qu'il ne sait pas faire une gorge profonde, ou qu'il préfère baiser avec un seul mec à la fois ?
4. Du style tu auras.
En tant qu'ex-grunge, radin de la fringue, et shopping allergic, je trouve ça amusant de pouvoir dire à n'importe quel hétéro que ce qu'il porte est moche et que tout le monde pense que j'ai raison, alors que j'en ai pas la moindre idée.
5. Les socialistes tu chériras.
Mais si, tu sais, on leur doit tout. Ils on eu la générosité de nous dépénaliser.
6. A la gay pride tu iras.
Tous ensembleu tous ensembleu hey ! hey ! La gay pride c'est comme la fête de l'école, on s'en fait tout une montée, et puis quand elle arrive on voit que c'est comme l'an dernier et celui d'avant, que y'a les copains mais aussi la bande des "qu'on aime pas" et qui nous ruine la journée en trichant à la course en sac, et qu'on pense qu'on va rentrer avec plein de cadeaux mais tout ce qu'on a gagné c'est un sifflet en plastique.
7. Tolerant tu seras.
Le truc c'est que comme on est sensés connaître "la discrimination", on doit savoir que c'est mal, et donc être des modèles de tolérance, acceptant tout et n'importe quoi. Sauf que 1, c'est pas comme si on était persécutés (contrairement à ce qu'on veut faire croire à tout le monde, politics dear, politics), et 2, c'est pas comme si on avait pas envie d'envoyer valdinguer les hétéros moralisateurs, les trans culpabilisateurs, les bi et j'en passe et des queers, à chaque fois qu'ils nous parlent de nous. Y'a pas marqué hippie.
8. Equilibré tu seras.
Admettre qu'on va mal serait un echec cuisant. "Mais maman, je suis heureux comme ça !". Mouais. Comme dit Valou en se promenant dans le marais : "le fond de teint, ça cache les cernes".
9. Ami de la femme tu seras.
Les relations femme hétéro/pédé sont vraiment fascinantes. Le pédé de base a une tendance mysogyne très forte (don't be fooled), et en échange, la femme génétique de base appelle le pédé "un homme qui n'aime pas les femmes". Mais bien sûr, ces deux là sont censés "SA-DO-RER". La série Clara Scheller est assez significative, il est difficile de regarder plus de vingt minutes de cet exercice de masochisme à deux sans faire la tête qu'on fait quand une craie raye le tableau. Ou que quelqu'un croque dans une pêche. Ou qu'on frotte deux morceaux de polystyrène.
10. Riche tu seras.
Lobby gay où es-tu ? viens me chercher ! On a accepté de faire notre coming out et d'être châtrés sur la place publique parcequ'on nous avait promis qu'en échange on habiterait dans un loft dans le marais, qu'on serait copines avec Deneuve et que Lagerfelf nous prêterait un Chanel quand on passe chez lui boire le champagne. Au lieu de ça on habite en coloc place des fêtes, on est copines avec Madame Hervé, et Ursulla nous prête un Closer quand on passe chez lui prendre le thé.
Remboursez, i want my balls back.
J'adore cet article écrit par pédérama. J'aimerai avoir votre avis sur cette photo !!! Moi je trouve cette photo totalement débile, blessante. J'ai mis cette photo car il existe encore des discriminations à notre égards. Même si s'est une caricature s'est soulant de trouver des images comme cela. Cette photo à été mise sans autre pensée que de la critiquée. Donner votre avis